Le 30 septembre 2000 à Gaza, juste le deuxième jour de l’Intifada, la chaine française télévisée, France 2, retransmet des images prises par le photographe Tabu Albu-Rama, où l’on peut observer un Palestinien, Jamal Al-Durrah, et son fils, Muhammad. L’enfant fut, apparemment, tué par des balles lors d’un échange de tirs entre des palestiniens et l’armée israélienne. Le directeur de la chaine française, Charles Enderlin, déclara que le garçon avait été tué par des balles israéliennes. Ces images firent le tour du monde et choquèrent: bien que l’État d’Israël ait nié complètement son implication dans la mort de l’enfant, elles sont à l’origine d’une véritable haine à l’égard du peuple israélien.
Des chercheurs ont étudié la scène et ont déclaré qu’il s’agissait d’un montage créé par les Palestiniens pour promouvoir une propagande qui montre les Palestiniens comme des victimes. L’impact fut énorme. Ainsi, au centre de la ville de Bamako dans la rue Al Qods au Mali, où l’armée française combat les islamistes, la place principale est appelée “l’enfant martyr de la Palestine, Mohammad Al-Durrah”. De plus, un hôpital situé dans la frange de Gaza a été nommé Mohammed Al-Durrah. http://www.independent.co.uk/news/world/middle-east/the-killing-of-12-year-old-mohammed-al-durrah-in-gaza-became-the-defining-image-of-the-second-8624311.html (independent.co.uk)
Ces images et l’interprétation que l’on peut en faire ont suscité une immense polémique à travers le monde. La mort de ce jeune enfant a été instrumentalisée par la propagande palestinienne, et on peut voir là une campagne visant à donner une mauvaise image d’Israël. Dans la vidéo, on peut observer le père et l’enfant derrière un barril contre le mur. Le père essaye de protéger son fils avec son bras. Ensuite, après une rafale de balles, le corps de Muhammad commence à tomber sur les jambes de son père après 40 minutes de tensions et quatre balles dans son corps. Jamal Al-Durrah, sévèrement blessé par douze balles à l´hôpital, a voulu prendre à temoin le monde entier du meurtre de son fils:
" Je lance un appel au monde entier, à tous ceux qui ont vu ce crime, d'agir et de m’aider à venger la mort de mon fils et de mettre Israël à l'essai .”
" Aussi, je prévois de traîner Israël devant les tribunaux internationaux et je demande que les criminels responsables de la mort de mon fils soient punis ", http://news.bbc.co.uk/2/hi/middle_east/954703.stm
Dans la presse américaine, cette affaire a été classée comme un “hoax”, ou montage. En France, le mensuel Causeur est revenu sur cette affaire et a retenu l’hypothèse d’une “mise en scène”. En 2002, Israël a admis que les balles ayant tué l’enfant étaient israéliennes. En France, la polémique est allée jusque devant les tribunaux et, en 2003, Philippe Karsenty, fondateur de l’agence de notation des médias Media-Ratings, dénonce dans son dossier le reportage comme une manipulation. France 2 et Charles Enderlin ont aussitôt porté plainte contre lui.
D’après l’interview de Luc Rosenzweig que nous avons réalisée après la publication de son article dans le journal Causeur, Philippe Kartensy a été jugé et condamné pour “condamnation en première instance, relaxe en appel, cassation et enfin condamnation par un nouveau jugement de la cour d’appel de Paris” le 19 octobre 2006. Finalement, Philippe Kartensy est relaxé le 21 mai 2008. La Cour de cassation annule la relaxe de Philippe Kartensy le 21 mai 2008. L’hebdomadaire L’Express nous informe que Kartensy a finalement été condamné par la Cour d’appel de Paris pour diffamation et il doit verser 7.000 euros de dommages et intérêts à Charles Enderlin et à la chaine télévisée.
Plusieurs indices permettent cependant de douter de la véracité du reportage. De nombreux experts en balistique affirment que les balles qui ont provoqué la mort de Mohammed proviennent du côté palestinien, puisque leur cachette était en dehors de l’angle de tir de l’armée israélienne. De même, aucun reste de sang n’est visible sur les victimes. De plus, les blessures du père furent commises par une arme blanche et furent soignées par un docteur israélien, Yehuda David. En outre, Tabu Albu-Rama, le caméraman du reportage, affirme même que l’enfant n’a pas été tué, selon le journal Média Parts.
À partir de l’analyse de cette affaire, nous pouvons dire qu’il est difficile de faire la part des choses et qu’il n’y a pas toujours un même point de vue sur un même événement. La mort de cet enfant a suscité une énorme polémique. Souvent, les informations dans les moyens de communications ne sont pas complètes, elles sont utilisées pour soutenir la position et le parti-pris d’un journal; un pays qui est allié à Israël diffusera des informations pro-israéliennes; en revanche et si on est hostile à Israël, les informations pro-palestiniennes seront privilégiées. Nous n’avons donc pas un ensemble objectif qui permettrait de rapporter dans les journaux les faits réels. L'Affaire Al-Durrah est donc un sujet subjectif.


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